Un appartement à la mer coûte en moyenne 4 245 €/m², soit près de 36 % de plus que la moyenne belge. Les prix à la côte progressent de +3,4 % sur un an, soit légèrement plus que la moyenne nationale, mais la dynamique ralentit sur les trois derniers mois. Et plus la plage est proche, plus l’écart de prix se creuse. Retour sur le dernier baromètre Immoweb.
Le bord de mer conserve son statut à part dans l’immobilier belge. D’après notre dernière analyse, basée sur les prix des appartements au 1er mai 2026, le prix moyen dans les communes côtières atteint 4 245 €/m², contre 3 131 €/m² à l’échelle nationale. Autrement dit, un appartement à la côte coûte encore presque 36 % plus cher que la moyenne belge, et environ 11 % de plus que la moyenne de la Flandre occidentale (3 816 €/m²).
Après la correction observée entre 2023 et 2024 sous l’effet de la hausse des taux d’intérêt, le marché des appartements à la côte a connu un rebond plus marqué qu’attendu. Sur les douze derniers mois, les prix ont progressé de 3,4 %, contre 2,7 % à l’échelle nationale et 3,3 % en Flandre occidentale. Les indicateurs les plus récents suggèrent toutefois un ralentissement de cette dynamique : les prix n’ont augmenté que de 0,8 % sur cinq mois et de 0,4 % sur trois mois, contre respectivement 1,5 % et 1,0 % pour l’ensemble de la Belgique.
“Contrairement à une résidence principale, l’achat d’une résidence secondaire n’est généralement pas une nécessité immédiate et peut donc être reporté lorsque le contexte économique devient moins favorable”, explique Sebastian Schatke, économiste chez Immoweb.
Knokke-Heist reste hors catégorie, Nieuport signe la plus forte hausse annuelle
La hiérarchie des prix reste très marquée entre les communes de la côte belge. Knokke-Heist demeure de loin la commune la plus chère, avec un prix moyen de 6 612 €/m² pour un appartement. Elle devance nettement Nieuport (5 236 €/m²) et Coxyde (4 372 €/m²). À l’autre extrémité du marché, Bredene (2 828 €/m²), Blankenberge (2 854 €/m²) et Ostende (2 957 €/m²) restent les communes les plus accessibles.
L’écart est considérable : à Knokke-Heist, le prix moyen au mètre carré est plus de deux fois supérieur à celui observé à Bredene. Cette polarisation confirme que la côte belge n’est pas un marché homogène, mais un ensemble de micromarchés où quelques kilomètres de différence peuvent faire fortement varier le prix au mètre carré.

Sur un an, la dynamique la plus forte revient à Nieuport, où les prix progressent de +10,2%. La commune se distingue également sur trois ans (+12,8 %), confirmant son statut de marché côtier particulièrement porteur. Middelkerke enregistre aussi une progression annuelle soutenue (+6,5 %) et affiche la plus forte hausse à dix ans parmi les communes analysées (+41,4 %). À l’inverse, Le Coq connaît la progression annuelle la plus limitée (+0,4 %), tandis que Bredene, Ostende et Coxyde évoluent autour de +0,9 % sur douze mois.
Entre volatilité et résilience, la côte garde son attractivité
À moyen et plus long terme, les performances du marché côtier doivent être interprétées à la lumière de sa forte volatilité, contrairement au marché belge qui affiche une évolution plus régulière. Après avoir connu une envolée particulièrement marquée durant la période post-Covid, suivie d’une correction plus importante lors de la remontée des taux d’intérêt, le littoral affiche néanmoins une progression solide sur la durée. Sur cinq ans, les communes côtières enregistrent ainsi une hausse moyenne des prix de +14,3 %, supérieure à la moyenne belge (+13,5 %) et à celle de la Flandre occidentale (+12,7 %).
Cette résilience s’explique par les fondamentaux du marché côtier, où une offre structurellement limitée continue de rencontrer une demande soutenue.
« Le littoral est par nature limité, ce qui freine automatiquement l’offre. La côte compte également davantage d’appartements haut de gamme et continue d’attirer de nombreux baby-boomers après leur retraite. L’attrait de la mer, de la plage et de la qualité de vie fait le reste », explique Sebastian Schatke.

La proximité de la plage reste le facteur décisif : jusqu’à +42 % pour les biens à moins de 100 mètres
L’analyse confirme également l’impact majeur de la distance à la plage. À caractéristiques comparables, un appartement situé à moins de 100 mètres de la plage affiche une prime de prix de +24,5 % par rapport aux autres biens. Lorsque l’on compare plus finement les distances, la prime grimpe même à +41,6 % pour les biens situés à moins de 100 mètres par rapport à ceux qui se trouvent à plus d’un kilomètre.
L’effet s’atténue ensuite progressivement : les appartements situés entre 101 et 500 mètres de la plage affichent une prime de +21,1 %, tandis que ceux situés entre 501 mètres et 1 kilomètre conservent encore une prime de +9,9 % par rapport aux biens à plus d’un kilomètre.
Ces écarts montrent que, dans un marché plus prudent, la proximité immédiate avec la mer reste l’un des rares attributs capables de soutenir une valorisation très nette. Le bord de mer ne se joue donc pas uniquement commune par commune : il se joue aussi rue par rue, voire même immeuble par immeuble.

Quelques chiffres-clés:
- 4 245 €/m² : prix moyen d’un appartement dans les communes côtières au 1er mai 2026
- +36 % : surcoût moyen d’un appartement à la côte par rapport à la moyenne belge
- +3,4 % : hausse moyenne des prix à la côte sur douze mois
- 6 612 €/m² : prix moyen à Knokke-Heist, commune la plus chère du littoral
- 2 828 €/m² : prix moyen à Bredene, commune la plus accessible parmi les communes analysées
- +10,2 % : hausse annuelle à Nieuwpoort, plus forte progression sur douze mois
- +41,6 % : prime estimée pour un appartement situé à moins de 100 mètres de la plage par rapport à un bien situé à plus d’un kilomètre
- 16 172 observations : base utilisée pour estimer l’impact de la proximité avec la plage

Méthodologie
Les prix et indices de prix présentés dans cette analyse proviennent des données internes d’Immoweb au 1er mai 2026 et portent sur les biens situés dans les communes côtières belges. Les évolutions sont calculées sur différentes périodes : trois mois, cinq mois, douze mois, trois ans, cinq ans et dix ans.
L’impact de la proximité avec la plage est estimé à partir d’une approche économétrique de type hédonique, qui permet d’isoler l’effet de la distance à la plage sur le prix, toutes choses égales par ailleurs. L’analyse repose sur 16 172 observations de biens résidentiels situés dans les communes côtières et mis en vente depuis le 1er juin 2024. Les biens ont été classés selon leur distance à la plage la plus proche : moins de 100 mètres, 101 à 500 mètres, 501 mètres à 1 kilomètre, et plus de 1 kilomètre.







