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Face à un marché immobilier de plus en plus restrictif, la coopérative d’habitation wooncoop change d’échelle. Avec un portefeuille doublé en un an, l’acteur belge propose une alternative entre location et propriété, séduisant de plus en plus de ménages isolés et de primo-accédants.

Le constat est sans appel : entre la hausse des taux, l’inflation des prix des matériaux et la complexité administrative des permis, l’accès à la propriété devient une équation insoluble pour de nombreux Belges. Selon l’Agence flamande du logement (via son enquête Woonsurvey), près de la moitié des locataires privés consacrent aujourd’hui plus de 30 % de leurs revenus à se loger. C’est dans cette brèche que wooncoop a pris le parti de s’engager.

Un changement d’échelle stratégique

La coopérative vient de publier des chiffres records pour l’exercice 2025. Son portefeuille immobilier avoisine désormais les 60 millions d’euros, porté par un doublement de son offre de logements en seulement douze mois. Le nombre d’unités est passé de 59 à 132, logeant plus de 200 résidents.

« Ce n’est plus une niche », affirme Joris De Kelver, directeur de wooncoop. « Ce que nous construisons constitue une alternative structurelle à un marché qui ne répond plus aux attentes d’une part croissante de la population. »

Le modèle hybride : “Louer à soi-même”

Le succès de wooncoop repose sur un système hybride qui casse les codes de l’immobilier classique :

  1. L’occupation : L’habitant loue son logement à la coopérative.
  2. L’investissement : En parallèle, il acquiert des parts sociales de la coopérative.
  3. La valorisation : Le loyer reflète le coût réel (gestion et financement) sans marge spéculative, tandis que la valeur des parts progresse selon l’indice immobilier.

En 2025, la valeur de ces parts a, pour la première fois, dépassé le montant initial investi, prouvant la viabilité financière du modèle pour les 2 000 coopérateurs.

Focus sur les profils fragilisés et les célibataires

L’offre cible prioritairement ceux qui rencontrent des difficultés d’accès à la propriété dans le système classique. Environ 50% des résidents sont des personnes seules, un segment démographique en forte croissance mais pénalisé par des conditions d’accès de plus en plus strictes. La coopérative intègre également une dimension sociale forte avec 16 logements spécifiquement dédiés à des familles vulnérables.

« Nous ne considérons pas l’immobilier comme un produit d’investissement, mais comme un besoin fondamental » (Joris De Kelver)

Cap sur Bruxelles et de nouveaux financements

Pour garantir son accessibilité, wooncoop mise désormais sur des projets de plus grande envergure — au moins 20 unités par site — afin d’optimiser les coûts de gestion et de construction.

L’année 2026 marquera une étape clé avec une première extension programmée à Bruxelles. Pour soutenir cette croissance, la coopérative prévoit de lancer prochainement un nouveau cycle de financement.

« La question n’est plus de savoir si cela fonctionne mais plutôt à quelle vitesse nous pouvons déployer ce modèlePour cela, nous ferons sans doute prochainement appel à nos coopérateurs ainsi qu’aux citoyens et aux organisations de la société civile pour un nouveau cycle de financement », conclut Joris De Kelver.


En chiffres :

  • Portefeuille immobilier : 60 millions €
  • Nombre de logements : 132 (en hausse de 123 % sur un an)
  • Nombre de coopérateurs : > 2 000
  • Capital citoyen levé via crowdlending : 4,6 millions €

MLI

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